[Rétro] Final Fight

10019601Viens faire la bagarre !
Quitte à découvrir l’arcade rétro, autant retourner aux sources avec Final Fight, premier titre du genre, celui qui est le début de tout. Avant lui, seuls des esquisses du genre existaient, après lui, le terme Beat them all était né.

Et non seulement il est révolutionnaire, mais en plus, il se paie une histoire ! Bon, mini l’histoire, mais elle est bien là, avec une cinématique d’intro et une fin mise en scène, et pour l’époque, c’est un exploit de ne pas se contenter d’un écran titre pour tout contexte.

L’aventure se passe à Metro City, ville pourrie par le crime, où Haggar, le nouveau maire, tente de ramener la paix dans les rues de ses administrés. Mais le gang de punks qui à la mainmise sur les rues sombres ne l’entend pas de cette oreille et enlève Jessica, la fille du maire, pour le faire chanter. Mais Haggar n’est pas un élu qui se laisse faire et ni une ni deux, il enlève sa chemise, enfile son plus beau pantalon en velours et à l’aide de Cody, l’ami d’enfance de Jessica, et de Guy, un gars qui porte bien son nom car on se demande ce qu’il fout là, s’en va lui-même régler cette histoire à coup de tatane !

A gauche, je vous présente, Monsieur le Maire...

A gauche, je vous présente, Monsieur le Maire…

Haggar, taillé comme un catcheur (et ressemblant à Freddy Mercury bodybuildé), est donc la grosse brute du jeu ; Cody, en Jean et tee-shirt blanc moulant (ressemblant à… un beau gosse américain des années 90 qui s’appellerait Cody ! Je suis sûr que vous avez un visuel stéréotypé en tête, eh bien c’est exactement ça), est le beau gosse à la houppette dans les cheveux et aimant en secret depuis toujours la belle Jessica ; cette dernière ne peut difficilement être lookée plus pétasse à froufrou qu’elle ne l’est ; et Guy (ressemblant à Christophe Lambert en brun) est un combattant style ninja aux poses à la Bruce Lee.

Cette petite troupe va arpenter les différents quartiers de la ville dans un enchaînement non justifié et souvent incohérent. Pour exemple, on enchaînera en quelques secondes un sous-sol de métro avec un ring de catch clandestin où on affrontera un samouraï en armure… oui, bon, faut pas trop chercher. A part ces quelques instants hallucinatoires, l’ensemble respecte une ambiance de combat de banlieue, où la rebelle attitude est de mise. Et c’est ça qui est cool, surtout si on se replonge dans l’époque où pareil exutoire n’existait pas encore. Casser la gueule à tout va aux racailles du coin qui nous font flipper dans la vraie vie est jouissif à souhait et on se sent trop la classe à marcher dans la rue en balançant nonchalamment les épaules.

quelques filles provocantes que l'on soumet à notre force, leur donnant des poses de vaincues lascives, histoire de stimuler la libido de l'adolescent

quelques filles provocantes que l’on soumet à notre force, leur donnant des poses de vaincues lascives, histoire de stimuler la libido de l’adolescent

Ainsi, selon les codes des années 80-90 aujourd’hui ridicules, le plaisir de jouer au héros urbain est au rendez-vous, servi par des animations assez inégales et des poses souvent vraiment pas naturelles des personnages. Les graphismes sont beaux, et les mélodies de la bande-son entraînantes, mais les bruitages sont assez répétitifs et les sonorités font souvent mal aux oreilles. Un rendu moyen, donc, mais qui ne choque personne à l’époque puisque aucun concurrent n’est à l’horizon de ce nouveau genre.

Pour en finir avec le background, allez, je vous spoile la fin juste pour en rire ensemble. Déjà, le boss du gang de punks s’avère être un riche paraplégique qui nous tire dessus avec une arbalète. Un combat difficile, en plus, surtout quand on peine à se concentrer face à cet handicapé qui traverse l’écran à folle allure sur son fauteuil. Un combat surréaliste dans lequel le méchant finit par se mettre à marcher vu qu’on casse son fauteuil, ou du moins à sautiller, car n’ayant apparemment pas un usage normal de ses jambes, mais cela ne l’empêche pas de continuer à se battre en titubant ! Je suis sûr que ça aurait fait scandale de nos jours !

Allez ! Lève-toi et viens te battr... oh, pardon...

Allez ! Lève-toi et viens te battr… oh, pardon…

Et alors que la victoire est nôtre, qu’on a jeté l’handicapé par la fenêtre (j’espère qu’il ne s’est pas abîmé la colonne vertébrale ! XD) et que le maire enlace sa pétasse de fille chérie, Cody et Guy s’en vont sans un mot. Bon, c’est bon, on a fini le boulot on rentre à la maison !

Et le générique est accompagné des deux amis marchant dans la ville côte à côte sur une musique presque romantique, faisant planer un doute quand à l’éventuelle amitié plus profonde que prévue entre les deux gaillards… Mais non, la douce Jessica appelle Cody, et Guy, voulant aider l’amour à faire son œuvre, va gentiment foutre des pains dans la gueule de Cody pour le projeter dans les bras de la belle. Guy, discuter, il connaît pas ! Et enfin un peu de romantisme, les deux tourtereaux vont s’avouer leur amour en bord de mer, mais Cody ne peut pas rester avec Jessica ! Non, pas tant que le mal existera dans cette ville ! Adieu Jessica, et bonne chance Cody !… Je sais pas vous, mais moi, j’en déduis que le petit Cody a pas envie de s’emmerder avec une permanente dans son pieu et préfère avoir plusieurs cordes à son arc.

Ça, c'est des mecs, des vrais ! Mwahaha...

Ça, c’est des mecs, des vrais ! Mwahaha…

Le début du commencement
Le gameplay est plus que simple, mais une fois de plus, il pose les bases du genre et se contente donc du minimum syndical. Un bouton pour sauter, un pour cogner, un coup sauter et un coup puissant qui consomme de la vie. Aucune autre nuance hormis une ou deux animations automatiques selon les circonstances et quelques armes à ramasser pour agrandir son allonge.
Les combats sont donc très répétitifs et sans surprise, mais sont tout de même vifs et réactifs. Une qualité qui explique facilement à elle seule l’engouement de l’époque à aller castagner des sprites.

Les niveau sont assez courts et composés par petits bouts de ruelles successifs. Quelques ascenseurs ou autres dénivelés tentent de changer un peu le rythme, mais tout se ressemble un peu tout de même, et deux niveaux bonus entrecoupent l’aventure. Le premier consiste à casser une voiture le plus vite possible en tapant dessus comme un bourrin juste pour faire du score, et le second à faire de même avec une succession de vitres.

Un boss qu'on retrouvera dans la série des Street Fighter

Un boss qu’on retrouvera dans la série des Street Fighter

Et le pire, c’est que ça marche. C’est marrant de tout péter juste pour le plaisir anarchiste de jouer au casseur. Et voir le propriétaire de la voiture arriver et pleurer devant l’épave qu’on a laissé fait franchement rire.

Pas grand chose à dire de plus sur ce titre qui objectivement pourrait faire pâle figure face à nombre d’autres Beat’em all sur Arcade CPS1, mais si l’on remet les choses à leur place et que l’on prend en compte qu’il est le créateur du genre, on réalise à quel point tout était déjà là. Gameplay, style de combat, ambiance, nervosité, plaisir de jeu, addiction à la castagne… un terreau encore mal travaillé, mais un terrain nouveau pour tous les créateurs de cette époque, une voie ouverte dans laquelle s’engouffrer en affinant tel ou tel point et en ajoutant toujours plus de nouveautés. L’essentiel était déjà là. Bravo Capcom pour cette avancée dans l’histoire du jeu vidéo.
Final Fightle début du jeu en vidéo pour ceux qui ont envie de découvrir…

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