[Jeu] Dishonored

jaquette-dishonored-playstation-3-ps3-cover-avant-g-1349872643Alors, le voilà, ce fameux jeu qui a créé le buzz à sa sortie, et nous a tous mis cette musique de trailer obsédante dans la tête. Cette licence sortie de nulle part et développée par un studio Français qui semblait taper dans le haut du panier des FPS à univers fouillé, voire même marcher sur les plates-bandes des Bioshock. Impossible de ne pas s’installer devant ce jeu sans avoir des attentes plutôt grandes. C’est parti !

De grandes promesses…
Le jeu pose rapidement les prémices d’un univers bien complexe, en effet. Nous incarnons Corvo, le garde du corps de L’impératrice d’un monde confronté à la peste noire. Les habitants tombent comme des mouches, répandant la maladie à une vitesse bien trop importante pour pouvoir espérer l’endiguer malgré les recherches du médecin royal. Les infectés sont mis en quarantaine et de plus en plus de quartiers sont tout bonnement condamnés, relégués parfois en décharge à cadavres.

Samuel fait le taxi par voir de mer

Samuel fait le taxi par voie de mer

Pour trouver une solution, Corvo a été envoyé dans un pays voisin, demander de l’aide, mais revenant les mains vides, il voit également l’impératrice se faire tuer sous ses yeux par de mystérieux assassins alors qu’il était seul avec elle. Il est donc accusé du crime et condamné, mais il s’échappe avant la sentence grâce à l’aide de révolutionnaires et va chercher à prouver le complot dont il est victime et peut-être même à se venger.

En 15 minutes, une trame intéressante est posée, étoffée par les documents et autres enregistrements que l’on ramasse un peu partout et qui créent par petites anecdotes personnelles des habitants un univers riche et varié. Un seul détail choque : on apprend dès les premières minutes du jeu que le complot qui s’est retourné contre nous a été fomenté par le chef de guerre et un conseiller de l’Impératrice.

Des armes au style SteamPunk

Des armes au style SteamPunk

Ils nous le révèlent, tout simplement, sans aucune raison, tel un bon vieux monologue de méchant, mais dès le début. Surpris par une révélation si facile, on jouera donc dans l’attente d’un retournement de situation qui ne viendra pas vraiment. Enfin du moins pas à un niveau assez satisfaisant. Les quelques rebondissements sont prévisibles et convenus et font de l’histoire une ligne droite monotone et assez insipide.

Et la palme revient aux enjeux et aux motivations du grand méchant conspirateur qui, au lieu d’être distillée tout au long de l’aventure pour entretenir le suspense, va être entièrement résumé dans un enregistrement. Et sans aucune raison !

Un bal masqué aux goûts douteux

Un bal masqué aux goûts douteux

On ne surprend pas une discussion compromettante, non, on trouve une bande audio dans lequel le méchant s’est parlé à lui-même pour s’expliquer consciencieusement toutes les raisons qui l’ont poussé à agir ainsi ! C’est un détail absolument aberrant qui fait affreusement tâche dans le développement du scénario ! Heureusement que le troisième tiers de l’aventure apportera des nouveautés intéressantes pour faire un peu passer la pilule, mais franchement, ça ne suffit pas.

Mais la richesse de l’univers va peut-être sauver l’ensemble ? Eh ben non… Alors, ce n’est pas mauvais pour autant, ne soyons pas médisant. Les documents trouvés fourmillent d’instants de vie humoristiques, touchants, cruel, et l’artefact magique que nous possédons et qui permet de lire les secrets des gens révèle des anecdotes très bien vues. J’ai adoré sonder le cœur des prostituées, qui dévoilent alors des passés glauques à souhaits, voire carrément morbides.

Un peu de gore, qui n'en veut ? <3

Un peu de gore, qui n’en veut ?❤

Mais aussi rafraîchissantes que soient ces petites histoires, elles servent à construire un background passionnant, mais qui n’a quasiment jamais d’influence sur le moment. Tous ces secrets lus auraient pu influencer nos choix de gameplay, où la direction à prendre selon les interactions entre personnages, mais non, tout est toujours très distant, et du coup, un peu froid. Et comme le background est froid, l’implication de Corvo, et donc du joueur, se trouve amoindrie. On ne se sent jamais vraiment investi, passionné par notre quête, on la suit comme un spectateur, et c’est terriblement dommage.

C’est encore plus décevant que l’enrobage est parfait. Malgré un moteur graphique assez léger, le chara-design et la vision artistique de la ville est très inspirée. Et les personnages ont des doublages français parfaits, avec de nombreuses voix connues. La musique et les bruitages sont assez discrets pour permettre la réflexion et assez intense pour sublimer les phases d’action. C’est un sans-faute de ce point de vue là.

Des pouvoirs à couper le souffle !

Des pouvoirs à couper le souffle !

Un assassin plein de ressources
Le gameplay est lui aussi une petite merveille. Corvo va très rapidement recevoir l’aide d’un dieu assez mystérieux qui va lui octroyer des pouvoirs particulièrement efficaces. Les activant au fil du jeu selon l’envie du joueur, Corvo va pouvoir voir à travers les murs les gens et les mécanismes, se téléporter à courte distance, invoquer une meute de rat, posséder animaux et soldats, figer le temps ou encore produire un souffle de vent puissant. Associé à un armement varié à base de pistolet, d’arbalète, de grenade, de mines tranchantes ou encore de son précieux couteau papillon, notre héros a plus d’une corde à son arc pour se faufiler en silence comme pour faire front aux vagues ennemies. Mais bien qu’il soit possible de faire le bourrin, la magie du gameplay ne se dévoile vraiment que par l’infiltration.

La mère maquerelle et ses prostituées

La mère maquerelle et ses prostituées

En effet chaque situation rencontrée peut se résoudre de très nombreuses manières. Prenons par exemple l’objectif de devoir franchir un portail électrique bien gardé. On peut tuer tout le monde et passer en force (avec plusieurs techniques différentes, discrètes ou bruyantes) ; on peut passer par les toits pour surmonter le problème et aller pirater les boîtiers de commande du portail (avec le choix de le désactiver ou bien de l’utiliser pour griller les ennemis) ; on peut posséder un ennemi pour lui faire désactiver ledit portail ; ou on peut explorer les souterrains pour trouver un autre chemin… etc.

La ville est glauque et magnifique à la fois

La ville est glauque et magnifique à la fois

Et ce n’est souvent qu’après avoir franchi l’obstacle qu’on comprend qu’il y avait encore d’autres moyens de le passer. Une liberté d’action qui va donc énormément motiver à prendre le temps de faire du repérage, d’espionner les conversations, d’anticiper les rondes des gardes pour trouver sa voie, et qui va donc considérablement augmenter la durée de vie. Les premiers niveaux vont même vous paraître un peu long tant les solutions paraissent énormes et sont loin d’être évidentes à imaginer tant que l’on est pas familiarisé avec les différentes techniques.

les personnages ont un chara-design légèrement exagéré de toute beauté

les personnages ont un chara-design légèrement exagéré de toute beauté

J’aurais juste aimé que le pouvoir de vue à travers les murs soit accessible d’un simple bouton en permanence et cumulable indéfiniment avec les autres atouts, tel un Batman Arkham Asylum, car alterner entre les différents pouvoirs peut parfois être un peu agaçant.

Autre aspect intéressant, notre comportement de jeu, à savoir tuer les gens ou les assommer et les cacher, va influencer le monde qui nous entoure. Les gens réagiront différemment avec vous, et la peste est plus présente dans les rues si vous êtes cruels. Nos actions ne vont pas réellement faire prendre d’axes différents à l’histoire, ce sont juste des dialogues et des situations qui ont un aspect un peu différent, mais c’est déjà très agréable.

Les Tallboys, symbole de la dictature en devenir, surveillent la ville

Les Tallboys, symbole de la dictature en devenir, surveillent la ville

Un bon challenger
Je dirais même qu’à la fin du premier chapitre, on se sent face à une petite révolution du genre. Le maître Bioshock va peut-être se faire détrôner grâce à la variété de gameplay incontestablement maitrisée de Dishonored! Mais au final, la frustration du scénario et du background moins efficace que prévu fait retomber le soufflé et atténue considérablement l’expérience de jeu. Corvo rate malheureusement le haut du podium, mais il en restera tout de même un des meilleurs jeux de l’année 2012, ce qui n’est pas rien, et cela fait carrément plaisir de voir une nouvelle licence de cette qualité émerger et prendre des initiatives certaines sur tous les plans. Un grand bravo aux développeurs pour ce travail abouti.

DishonoredLe trailer à la musique obsédante qui attisa la curiosité de tous les gamers :
Dishonored Trailer

Et une cinématique magnifique qui n’apparait pas dans jeu mais a servi à donner l’eau à la bouche des joueurs avant la sortie du jeu :
Dishonored Cinématique

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s