[Film] Le Hobbit, un voyage inattendu

bilbo-le-hobbit60 ans avant l’épique aventure contée dans le Seigneur des Anneaux, Bilbon Sacquet devait déjà entrer dans l’histoire de la Terre du Milieu en étant invité par le magicien Gandalf (sans qu’une autre alternative ne lui soit vraiment laissé) à participer à une quête périlleuse, parmi 13 nains courageux. Endossant l’habit de cambrioleur discret, il va les aider à reprendre la cité mythique des Nains, Erebor, creusé à même la montagne solitaire, que le grand Dragon Smaug leur a dérobé jadis. Mais évidemment, entreprendre une telle aventure ne se fait pas sans heurt, et surtout sans entraîner moult rebondissement.

Gandalf ? l'aventure n'est pas loin...

Gandalf ? l’aventure n’est pas loin…

Une adaptation dangereuse
Il y a plus de 10 ans déjà que Peter Jackson réussissait l’incroyable pari d’adapter efficacement un univers aussi compliqué et varié au cinéma. Car si je suis le premier à trouver de nombreux défauts à la trilogie, notamment un cruel manque de rythme et des acteurs un peu fades, on ne peut que saluer bien bas la qualité d’adaptation de l’univers. Ces trois films marquèrent l’avènement d’un nouvel âge dans le cinéma, celui où désormais, tout fantasme peut être traité visuellement de façon convaincante. Acteurs de différentes tailles, de synthèse, dragons, fantômes, batailles immenses, tout est depuis possible, une véritable révolution qui a beaucoup contribué au succès et à l’émerveillement.

Découverte de Fondcombe, cité des Elfes

Découverte de Fondcombe, cité des Elfes

Mais 10 ans plus tard, la révolution est devenue un acquis et Le Hobbit ne peut plus compter sur la surprise pour satisfaire les cinéphiles. Et pourtant, force est de constater que les premières minutes créent l’émotion. Un instant à promener mon regard dans la comté et ses trous de Hobbit a suffit à faire renaître mon amour pour cet univers… amour pourtant bien amenuisé par le temps et la lassitude. Mais les faits sont là. Les décors néo-zélandais sont plus que jamais un enchantement et les personnages n’ont rien perdu de leur charme. Mieux encore, les personnages les moins bien joués ne sont plus là et les nouveaux héros occupant le devant de la scène sont bien plus expressifs et attachants. Ainsi, Gandalf, fidèle à lui-même, échange avec un Bilbon jeune parfait. Les intonations British et les attitudes un peu simplettes et infantiles de Martin Freeman font merveille dans le rôle du Hobbit, et c’est avec plaisir qu’on oubliera le Frodon au visage platonique et peu intéressant au profit de ce rôle principal.

13 nains, c'est envahissant, dans un trou de Hobbit...

13 nains, c’est envahissant, dans un trou de Hobbit…

Et avec eux 13 nains. Une troupe qui pourrait faire un peu peur quand on imagine l’ensemble mais qui se révèle très surprenant. En effet, les nains se suivent et ne se ressemblent pas. Certains sont gros et joufflus, l’un est vieux et sage, un autre est simplet, et deux sont même plutôt sexy ! Une vision rafraîchissante menée par un prince nain charismatique à souhait.

D’autres personnages mythiques seront au rendez-vous, comme Elrond, Saroumane, ou Galadriel, mais seulement le temps d’une scène ou deux. L’aventure reste pour le moment plutôt intimiste et se concentre sur notre joyeuse troupe.

Chez Elrond pour temporiser le milieu du film... ça me rappelle quelque chose

Chez Elrond pour temporiser le milieu du film… ça me rappelle quelque chose

Une trilogie pour 370 pages ?
C’était bien là la plus grosse appréhension face à cette nouvelle adaptation. Bilbo le Hobbit, en format de poche ne fait que 370 pages… Loin de l’épopée titanesque du Seigneur des Anneaux, il ne s’agissait là que d’un prémisse, une aventure de bien moindre ampleur, quoi-qu’impactant fortement toute une région de la Terre du Milieu. Et pourtant Peter Jackson s’est à nouveau lancé dans la conception d’une trilogie de films de près de trois heures. Cela signifiait tout d’abord des scènes plus détaillées que dans le livre, ce qui n’est pas un mal, mais surtout un scénario grandement complété par de nouvelles choses. Restait à voir ce que valait ces ajouts, mais il faut savoir que ce premier volet ne traite que des 120 premières pages du livre, grosso modo.

Et après 2h45 de film, il est bien difficile de juger l’histoire tant on sent que l’on a uniquement assisté à l’introduction du récit. Toujours est-il que les scènes et les personnages rajoutés ne tombent pas de nulle part et font une entrée logique dans l’histoire.

ça veut jouer, mon Précieux ? oui ?

ça veut jouer, mon Précieux ? oui ?

Outre quelques scènes ajoutant juste un peu de matière ou permettant de lier des éléments de récit, le principal ajout vient d’une menace qui gronde au loin. Un élément encore bien incertain mais qui semble devoir être le déclencheur du retour futur de Sauron. Car il est vrai que l’on ignorait pourquoi l’esprit de Sauron s’était un jour ravivé… c’est là, je pense, que le gros de l’évolution de cette nouvelle trilogie se fera. Une construction qui permettrait de relier les deux trilogies et de mieux en cerner tous les aspects. Impossible donc de dire si cette volonté sera efficace au stade où nous en sommes.
L’ajout, également, d’un ennemi juré du prince nain, traquant la troupe, créera une plus grosse pression en ce début d’aventure, et permettra une petite bataille de conclusion pour rendre la fin du premier volet moins frustrante.

En tout cas, si l’on ne juge Le Hobbit que sur ce seul volet, nous sommes face à un film efficace au ton plus léger que la trilogie originale et donc plus agréable et plaisant. Des dialogues amusants, des scènes humoristiques, et des chants. L’ensemble est très digeste et on ne voit pas le temps passer.

En route pour l'aventuuure !!

En route pour l’aventuuure !!

L’action est également au rendez-vous avec du grand spectacle, des créatures immondes, des menaces nombreuses et des scènes héroïques. Malheureusement, c’est à mon avis là que les défauts pointent le bout de leur nez. L’ensemble est de qualité certes, mais se traîne un sentiment de déjà-vu un peu gênant. Pas de quoi gâcher le visionnage, mais omniprésent tout de même. Les similitudes en situations ou en déroulement sont trop souvent proches du Seigneur des Anneaux, et sans l’effet de surprise, l’émerveillement est moins grand. Les marches à travers les plaines, les combats contre des gobelins au fond des mines, les orcs sur leurs Wargs, Gandalf qui disparaît et réapparaît pile au bon moment, le chef de bande qui avance héroïquement l’épée à la main, face à la caméra… de belles scènes, mais surtout du déjà-vu.

Je ne pense pas que ça soit préjudiciable à ce film qui s’avère un incontournable de l’Heroic Fantasy et un très bon moment de cinéma, mais j’espère que les deux prochains volets apporteront plus de nouveauté, car je crains sinon que le regain d’intérêt actuel ne s’épuise sur la longueur. Qui vivra verra, mais pour le moment, j’ai le sourire d’avoir enfin pu assister, au cinéma, aux mythiques énigmes dans le noir avec Gollum.

Une réflexion au sujet de « [Film] Le Hobbit, un voyage inattendu »

  1. Tu vas beaucoup plus loin dans ta critique que je ne le fais mais c’est super intéressant et je suis plus ou moins d’accord tout du long. En tous cas, j’ai quand même plutôt hâte de voir le prochain volet. =)

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