[Jeu] Söldner X-2 : Final Prototype

Mais pourquoi donc tester une série en commençant par le numéro 2, me direz-vous ? Eh bien tout simplement parce qu’il est apparemment de notoriété internautique que le premier opus fait preuve d’un niveau de difficulté assez élevé pour rebuter et frustrer le jeune amateur de shmup que je suis. Et ce style de jeu n’étant pas réputé pour sa construction narrative et l’intensité de son scénario, je me suis permis de privilégier le plaisir de jeu à l’assiduité culturelle et au respect de la vision des créateurs de la série.

Un shmup à l’ambiance borne d’arcade
En effet, tout est fait pour nous rappeler les bons vieux shoot’em up d’antan que l’on convoitait dans les salles d’arcade enfumées sans pouvoir forcément y jouer, faute d’avoir dilapidé ses derniers deniers dans un pack de cartes Panini des Chevaliers du Zodiaque.

A commencer par le design kitchissime au possible des engins archaïques, témoignant de la vision futuriste que l’on imaginait à cette époque. La voix grave métallique, simulacre d’un ordinateur de bord à l’intelligence artificielle à ce point développée qu’elle est capable d’annoncer à haute voix l’arme sélectionnée par le joueur. Ou encore des robots géants, boss de fin de niveau, dont la tête remplit tout l’écran et qui balayent de temps à autre d’une main pataude toute une zone dans le but d’effrayer le joueur effarouché.

Le visuel old school n’a pas que de bonnes influences et vouloir conserver autant de codes graphiques amène également un aspect assez fouilli dès lors que la population ennemie dépasse un certain seuil. Entre tirs amis et ennemis, vaisseaux, explosions, items et points récoltés, la visibilité a ses limites et perdre une vie à cause d’un brouhaha de pixels est toujours désagréable.

Le gameplay respecte également le classicisme certain recherché par les concepteurs, et nous laisse la possibilité d’alterner entre 3 armes. Au joueur la responsabilité de définir ses préférences et d’augmenter leur efficacité au fil des bonus récoltés. Et lorsque l’environnement devient hostile à outrance, il est évidemment possible de nettoyer la zone avec une bombe de proximité ou encore une super attaque dévastant toute forme de vie de l’écran.

Un jeu qui repose donc sur des mécaniques bien connues des amateurs du genre, mais qui sait tout de même se distinguer sur quelques points.

Des idées intéressantes et bien appliquées
Tout d’abord, il est de bon ton de saluer un choix bien rare mais tellement agréable : les ennemis sont aussi nombreux et agressifs en mode facile qu’en mode normal. Car pour le profane que je suis, il est toujours un peu vexant de se voir relégué dans un mode facile où le danger devient totalement absent par diminution drastique du nombre d’assaillant. L’impression de jouer à une version allégée du jeu devient vite flagrante. Mais Söldner X-2 a pris le parti de ne baisser que l’importance des dégâts encaissés, permettant ainsi d’affronter des patterns complexes et des situations tout aussi dangereuses que le jeu original, l’épée de Damoclès étant simplement bien moins douloureuse en cas de raté.

Ensuite, contrairement à une grande majorité de shmup, la hitbox de notre vaisseau (pour les moins cultivés, il s’agit là de la zone qui détermine un impact avec les tirs ennemis) est une ligne et non pas un cercle central. Ainsi, il ne faut plus penser à zigzaguer en tout sens entre les boulettes, mais à anticiper les tirs de façon horizontale. Car si notre vaisseau peut aisément se glisser entre deux tirs horizontaux très resserrés, il nécessitera un espace bien plus conséquent pour se faufiler dans le sens de la hauteur. Il devient donc vite indispensable de visualiser des couloirs ou d’attirer les tirs en certains points pour en créer.

Et enfin, la troisième bonne idée vient du mode 2 joueur où l’on ne peut plus se permettre d’abandonner un compagnon moins expérimenté au triste sort de n’avoir plus de vie et d’attendre que l’autre meurt enfin pour pouvoir espérer repartir à l’aventure. Ici, les deux vaisseaux partagent la même barre de vie, et il convient de se soutenir efficacement si l’on veut finir le stage. La coopération devient alors palpable et appréciable.

Une durée de vie réelle
Et je ne parle pas là d’une simple notion de scoring mondial qui ne motiverait à jouer encore et toujours que pour afficher fièrement son nom parmi les grands de ce monde. Non, dans Söldner X-2, nombreuses sont les motivations à la rejouabilité. Vous serez un instant surpris, la première fois, de constater que le générique de fin vous arrive dès l’accomplissement du 4ème niveau, soit après seulement une heure de jeu. Mais il ne s’agit là que d’un subterfuge. En effet, au fur et à mesure des niveaux, vous trouverez des clés qui vous permettront d’ouvrir l’accès vers d’autres niveaux, vous rapprochant, au fil des découvertes approfondies de chaque level, de la fin réelle du jeu. Une manière de redonner au joueur blasé l’envie d’être un peu plus performant à chaque tentative.

Et à cela se rajoute une liste de challenge divers et variés allant du simple score à atteindre, au défi de ne pas se faire toucher une seule fois au cours d’un niveau. Ces challenges étant nombreux, on prend vite l’habitude de lancer le jeu non pas simplement en mode histoire mais en se demandant quel défi on va relever aujourd’hui. Les prémices du superplay ouvert au grand public, en somme. Le principe n’est pas sans rappeler les système de trophées sur PS3, mais avec des récompenses internes au jeu, ce qui est d’autant plus motivant.

Pour résumer, Söldner X-2 : Final Prototype constitue un choix on ne peut plus valable dans un catalogue shmup assez pauvre sur PS3. Un jeu simple et complet qui saura vous distraire efficacement un bon moment, et ce à petit prix. Pourquoi s’en priver ?

SoldnerX2

Mais qu’entends-je au loin ? Quel est donc cette clameur assassine qui vocifère des accusations acerbes et menaçantes au rédacteur de blog que je suis ? Oui, en effet, je vous concède que déjà, la semaine dernière, je m’étais permis un peu cavalièrement d’usurper un style de fin à l’icône des jeunes joueurs qu’est Monsieur Usul… et qu’aujourd’hui, je pousse le vice et l’indécence jusqu’à utiliser sans le moindre scrupule et avec bien moins de talent qui plus est, la manière sophistiquée qui lui est désormais propre. Je ne peux que le confesser et vous en implorer le pardon.

Mais ne voyez pas en cet emprunt une volonté néfaste de soustraire le travail admirable de ce grand monsieur. Il ne s’agit là que d’une envie de jouer à mon tour avec les multiples circonvolutions de notre noble langue et de sortir du quotidien d’un langage populaire usé quotidiennement avec tant de facilité. Je me permettrais donc, de temps à autre, d’explorer ce français trop souvent oublié, au gré de mes envies d’échapper à la monotonie.

Et si malgré tout, vous n’êtes pas convaincu du bien fondé de ma démarche, je conclurai en citant Gérard, un ami Toulousain et grand amateur de pastis, qui a dit : « De toute façon, j’suis chez moi, j’fais encore c’que j’veux ! »

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