[Jeu] Uncharted 3

Les aventures rocambolesques de l’explorateur Nathan Drake continuent dans ce nouvel opus magnifique, mais pas exempt de défauts.

Le background
Toujours aussi riche en lieux splendides pour les yeux, l’aventure va commencer cette fois-ci dans une taverne londonienne, que l’on va vite quitter pour visiter les vieilles stations de métro de la ville. Pause syndicale flashback dans la ville de Carthagène pour découvrir la jeunesse de Nathan Drake. Retour au présent, et suivant comme à notre habitude des indices historiques, on va ensuite voyager, jusque dans un magnifique château français délabré, puis au fin fond de la Syrie dans un château touristique. Tout ça pour finir
au Yemen, passant d’une ville très vivante, colorée, à un cimetière de bateaux, au désert à perte de vue, à une ville fantôme, aux chemins enchevêtrés d’un grand canyon, et enfin à notre destination finale : l’Atlantis des Sables, une cité mythique perdue au milieu d’une tempête de sable.

Inutile de préciser donc que les environnements sont toujours aussi riches et variés que dans les opus précédents et que le plaisir visuel est immense.

L’histoire suit les traces de Francis Drake et de Lawrence d’Arabie, et mélange une fois de plus habilement les faits historiques et le folklore local. On va donc être confronté cette fois à une organisation vieille de plusieurs centaines d’années (du style des templiers), tenter d’empêcher la menace d’une malédiction mystique et l’on va également en apprendre un peu plus sur le passé de Drake et son compère Sully.

Des défauts mineurs mais bien présents
Eh oui, objectivement, je dirais que ce nouvel épisode a plus de défauts que son prédécesseur. Rien de bien dramatique, et loin de gâcher une telle aventure, mais ils existent.

La narration, tout d’abord, est un peu floue. Elle se veut pourtant plus travaillée que dans Uncharted 2, mais du coup, on se perd assez facilement dans les objectifs et on se demande parfois ce qu’on fait là et pourquoi on se rend à tel endroit… Le jeu étant construit de façon linéaire et scriptée, on ne peut pas se perdre physiquement, mais on a un petit sentiment de frustration d’agir sans comprendre pourquoi.
D’un point de vue relationnel, on approfondira les liens entre Drake et son mentor, Sully, on suivra avec sourire le rapport entre Nathan et Helena, mais à l’inverse, on reste sur notre faim avec Chloé et Cutter.

De plus la structure de l’histoire suit un cheminement un peu trop cyclique. A chaque nouveau lieu, on suit une séquence d’exploration/plate-forme et on sait pertinemment que l’on fera le chemin inverse après, poursuivi par les méchants. Et si la vue de la cité perdue reste d’une beauté immense, le scénario choisit le chemin surprenant (mais du coup original, c’est vrai) de ne pas tout résoudre et tout expliquer. Dans chaque jeu de ce genre, on sait que s’il y a un artefact au pouvoir mystérieux ou bien une malédiction qui risque de se déclencher, on finira par y être confronté et par réussir à la vaincre… Eh bien, là, non. on reste un peu dubitatif, à la fin du jeu, de n’avoir rien vu de l’éventuelle menace mondiale que les méchants risquaient de libérer, et on finit donc l’aventure sur un ton pragmatique au lieu d’héroïque. Et pas mal de mystères restent irrésolus. Constat surprenant et très déroutant. Je ne peux pas dire que ce soit forcément un mauvais choix, mais ça fait assez bizarre.

Autre défaut tout bête à mes yeux : le rendu des scènes d’araignées. Que ce soit dans les toiles sur les murs ou dans les mouvements des bestioles qui vous poursuivent par centaines, l’ensemble fait fake. Les toiles font Halloween et les arachnides me font cruellement penser à un film aux effets spéciaux moyen bof. C’est le seul défaut visuel de tout le jeu, ça reste donc mineur, là aussi, mais ça fait un peu tâche.

A noter que l’intelligence artificielle des alliés est très moyenne, car outre le fait qu’elle ne nous aide jamais beaucoup (mais ça, c’est un grand classique dans les jeux vidéos), elle a la fâcheuse tendance à les faire se placer au milieu de la scène de gunfight. Certes, ils ne peuvent être tués, mais ça casse un peu l’ambiance de voir un « passant » se balader nonchalamment entre les balles sans chercher à se cacher.

Et enfin, je dirais que la malchance caractéristique du héros a été beaucoup trop poussée. On est habitué à ce que le sol cède sous les pieds de notre aventurier, à ce que les corniches cassent et que les ponts s’effondrent… mais pas à ce point là. Ils ont tellement joué la surenchère que même dans les scènes sans action, il va passer son temps à tomber de tout ce sur quoi il grimpe avec fracas. Résultat, il se développe un côté Pierre Richard notre héros qui tient du coup plus du risible que du courageux, et surtout les effets de surprises deviennent vite inefficaces. A force de savoir que tout devient prétexte à catastrophe, on ressent moins d’immersion quand cette dernière arrive. Dommage.

Des qualités majeures qui font que du bonheur
La beauté du jeu ! Certes, ça ne fait pas tout, mais punaise, cette claque visuelle. Encore mieux que le précédent, et ce n’est pas peu dire. Tout est magnifique dans ce jeu et on ne cesse de s’arrêter pour s’émerveiller. Les sous-bois ensoleillés en France, les toits colorés de Carthagène, un cimetière de bateaux rouillés et à moitié désossés, un paquebot en plein naufrage dans une mer déchainée, le marché dans une ville du Yemen où tous les étals fourmillent de détails, les canyons immenses en plein désert, les combats dans une tempête de sable, et enfin la citée perdue qui s’étend à perte de vue… Que de moments grandioses !

Et si l’immensité et le côté épique y sont pour beaucoup, les détails ne sont pas en reste. Des textures extrêmement variées qui ne semblent jamais se répéter, le rendu de la pluie différent selon la texture du sol qui est en dessous, les mouvements de la mer, le moteur physique qui permet à Drake de faire bouger pleins de petits objets autour de lui de façon naturelle, les mouvements contextuels de Nate qui va sans cesse toucher et s’appuyer sur les éléments du décor qui l’entourent, et le rendu des dunes de sable et de la chaleur omniprésente dans le désert… la liste pourrait être interminable et justifier à elle seule l’achat de ce jeu.

Un gameplay toujours aussi simple d’accès. alors oui, c’est un éternel débat entre gamers, et les réfractaires aux gameplays assistés auront une fois de plus de quoi râler. Oui, Drake réagit tout seul à un grand nombre d’éléments, mais moi je fais partie de ceux qui trouvent que c’est une qualité. Grâce à cela les mouvements sont fluides, les morts pour cause de jouabilité sont très rares, et l’aventure peu s’enchainer sans frustration ou énervement.
A noter que les combats au corps à corps ont été un peu approfondis et sont bien plus présents et difficiles dans cet opus, mais rien de révolutionnaire non plus. Les gunfights sont également plus acharnés et les morts seront fréquentes, surtout en mode difficile ou extrême où il sera nécessaire de refaire pas mal de fois certaines scènes pour trouver le chemin et l’enchainement le plus efficace.

Les scènes d’action épiques.
Et nouveau débat classique : c’est tout scripté ! Oui, mais c’est ça qui est bon. Et c’est aussi là le seul aspect vraiment rédhibitoire du jeu : si vous n’aimez que les jeux à environnement ouvert et où l’on a toujours le choix entre plusieurs choses à faire, vous risquez de ne pas aimer la série des Uncharted. C’est assumé, Uncharted est clairement un jeu scripté. Mais scripté avec brio.

On n’a quasiment tout le temps qu’un seul chemin à suivre car les scripts ponctuent d’eux même l’aventure de rebondissements sans fin, ce qui offre au joueur un rythme soutenu et un attrait de tous les instants. Pas de temps morts, pas de perte d’objectif, on avance sans cesse. Et ça permet surtout des moments magnifiques comme courir, poursuivi par les flots, et se battre en même temps dans un bateau couché en train de couler. Des moments comme un gunfight dans un avion en train d’exploser, un trou béant dans la carlingue faisant appel d’air et nous emportant dans le vide. Une course pour la vie dans un château en proie aux flammes et qui s’effondre de toutes parts. Ou enfin, le grand classique, la course effrénée pour se barrer vite fait d’une cité des sables en train de s’écrouler et de s’enfoncer dans le sol.

Et si ces scènes sont aussi prenantes, c’est aussi grâce à une ambiance sonore qui frôle la perfection. Les musiques sont magnifiquement orchestrées, aux envolées magistrales, mais aussi aux sonorités plus intimistes parfois, usant d’instruments traditionnels pour amener un côté pittoresque aux endroits visités. Le tout s’enchainant parfaitement, sous des bruitages et autres effets sonores convaincants.
Les voix des personnages sont une fois de plus criantes de réalisme et de naturel en VO comme en VF, les dialogues sont percutants et souvent très drôles, et le jeu d’acteur en motion capture fait des merveilles. On se sent comme à chaque fois très proche des personnages. A noter que même si je ne les ai pas encore fait, le mode coop et le mode multi semblent des plus appréciés par les fans avec de nombreux modes de jeux et des sensations intéressantes.

Conclusion, si la sortie d’Uncharted 3 ne m’éveillait que peu d’inquiétudes, je suis forcé de constater que l’ensemble est perfectible et ne détrônera pas dans mon cœur la merveille qu’est Uncharted 2. Cependant, ce serait une erreur de ne s’arrêter qu’à ces quelques imperfections et rater un jeu aussi intense, splendide et entrainant. Clairement un des meilleurs jeux de l’année, un incontournable de la PS3.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s